« Un trait de caractère est à l'origine de CUERPO 9000+999 DESSINS: il m'est dificile d'affirmer quoi que ce soit sans percevoir immédiatement des nuances capables de me conduire aux confins de la contradiction, sinon de la paralysie. Cette prédisposition s'est manifesté tout particulièrement dans le dessin. À chaque fois que je dessinais le corps, je n'avais qu'une envie: recommencer, faire autrement, voire le contraire. J'ai fini par comprendre que cette prédisposition demandait à prendre forme. Il fallait donc recommencer, mais cette fois pour de vrai. J'ai ainsi tout mis à la poubelle, tout, et conçu CUERPO 9000+999 DESSINS.
À la base, un ensemble de contraintes auxquelles je devrais me tenir rigoureusement pendant toute la réalisation de ce travail : ce sera au fusain, sur papier, d'un trait, le corps nu, et je recommencerai 9000+999 fois.
Une feuille de papier, un bout de fusain, un corps nu. Pauvreté totale de moyens, nudité, être libre est le but. Et la musique.
Ne pouvoir corriger, revenir, fait de chaque geste un geste sans retour : tout se joue à chaque instant.
Il faudrait que chaque dessin réunisse la promptitude de l'éclair et la substance d'une méditation.
Tâcher de comprendre qu'est-ce qu'un corps, qu'est-ce qu'un dessin. Qu'est-ce qu'une vie ?
À chaque fois. Et recommencer.»
Dolores Aguilera is born in Grenada, Spain, and moved to Paris in the 80. Ferociously self-taught in art, she experimented several different techniques before focusing on drawing. It is indeed through this practice that she managed to let her creativity optimally develops itself. In 1994 Dolores Aguilera started the incredible project of making 9,999 drawings of nudes in charcoal, a classic technique that artists have been using for centuries. This work appears as a kind of gesture vested with an immediate energy. Through it, the artist reveals the body’s emergence as a form. It happens or is born more than it is. And taken as a whole, the 9,999 drawings signify this ongoing renewal process. A certain transgression of limits is visible in each individual drawing as well as in their sequential succession. Her drawing style features sinuous lines that interrupt each other and open the body up to the white surface. Figure and background endlessly interpenetrate one other, translating each being’s discontinuity. The huge number of drawings relates to the immeasurable abyss that, Bataille says, every individual dreads just beneath the surface in orgasm. CUERPO 9000 + 999 DRAWINGS sketches an infinity.