Sylvester Engbrox est allemand et s’installe en France en 1986. Il peint depuis son adolescence et explore plusieurs années la photographie et la musique. Il revient à la peinture, au début des années 1990, pour ne plus la quitter ensuite.
« J’ai commencé par couper dans la presse, des prospectus de vacances, ou des magazines de télévision, d’importantes quantités d’images pour les classer selon une typologie inventée. Cette partie du travail passe, aujourd’hui, par Internet et par mes propres archives photographiques. Ce catalogage parfaitement inutile d’un monde représenté ne clarifie rien : plus on voit d’images, moins on comprend. Mais ce rangement, cette perpétuelle comparaison d’une représentation avec une autre finit par créer des ponts entre certaines d’entre elles. Parfois même, ces confrontations provoquent une nouvelle image. C’est cette image, apparue à mon insu, que je peins. Ma peinture est issue de ce classement obsessionel. Quand un disque dur lâche, on lance un programme de reconstruction pour éventuellement sauver des données. Mes toiles, elles, tentent de réparer un espace-temps pertubé après un crash, de le redéfinir, en y imbriquant ce qu’il reste : des bouts d’images rassemblés. »