Ambiance d'une prise de vue par Béatrice Franco

05/12/2009

« TOP ! », bruit de talons,
« TOP ! », bruit de gobelet qui chute sur le sol,
CLAC !, bruit sourd et ample du flash sur la scène.
La séance photo de Vincent Goutal a commencé. Au préalable il a discuté du scénario avec ses trois modèles. La préparation est identique à celle d’un film. Le caractère et la situation professionnelle des personnages sont étudiés tout comme leur humeur et leur gestuelle.
La photographie devra synthétiser tous les éléments du scénario pour les restituer en une scène.
 
« TOP ! », bruit de talons,
« TOP ! », bruit de gobelet qui chute sur le sol,
CLAC !, bruit sourd et ample du flash sur la scène.
Une femme d’affaires, jeune et sûre d’elle se dirige d’un pas décidé vers deux collègues assis autour d’un bureau. Que font-ils ensemble ? L’un est sérieux et droit, l’autre plutôt fanfaron est venu avec une idée en tête. Ils font une pause, leur attitude traduit un état d’esprit bien différent de celui de la jeune femme dont ils ne perçoivent pas l’arrivée imminente…
 
« TOP ! », bruit de talons,
« TOP ! », bruit de gobelet qui chute sur le sol,
CLAC !, bruit sourd et ample du flash sur la scène.
Vincent Goutal indique ainsi à chacun le moment d’agir. Il surveille chaque détail et donne quelques conseils pour obtenir un mouvement de bras approprié. Authenticité du geste, vitesse en adéquation avec les actions des autres modèles. Il parle doucement et fermement ; il est concis et a une idée précise de ce qu’il souhaite obtenir. Vincent encourage au début d’un « bien », « très bien ».
 
Avant chacune des premières prises, le photographe rappelle aux acteurs quelles sont les caractéristiques de leur personnage. Il les reconditionne brièvement et « TOP ! », « TOP ! », CLAC !, en l’espace de quelques secondes.
Tout est très rapide mais il a vu le nœud de cravate à défaire un peu, les dossiers à tenir différemment et le téléphone à repositionner.
 
« TOP ! », « TOP ! », CLAC !, rythmeront cette séance de plusieurs heures. Très vite les comédiens sont dans la peau de leur personnage et la scène se déroule naturellement.
Vincent Goutal fait un premier polaroïd qui lui permet de fixer la scène et de vérifier les éventuels ajustements à réaliser. Il effectue un changement de « dos » pour repasser en numérique. Déjà une pellicule. Les gestes du photographe sont précis et il reste concentré bien qu’il soit lui-même filmé et interviewé pendant toute cette séance pour le making of de cette prise de vue. Il parle du scénario co-écrit avec Olivia Leriche, de ce qu’il attend de ses modèles, des opérations qu’il réalisera par la suite sur ces photos.
 
Vincent ne s’accorde pas de répit. Un nouveau polaroïd, et peu après, une nouvelle pellicule le rejoint sur la table. Pendant ce temps les modèles sont également interrogés sur leur expérience, leur proximité avec leur rôle, la manière dont ils l’appréhendent.
 
« TOP ! », « TOP !», CLAC !, c’est la dernière prise. Les modèles quittent le bureau et Vincent Goutal reste seul pour photographier uniquement les lieux. Il est questionné une dernière fois pour le film de cette prise de vue. Il est satisfait et attend de voir si « la magie de la photographie » a bien opéré.
Béatrice Franco