MARKANTONAKIS Yannis


Yannis Markantonakis est un peu plus que Grec, il est Crétois. C’est donc une sorte de voyageur par nécessité, de marin par atavisme. D’ailleurs, durant sa jeunesse il a travaillé « pour » les bateaux comme il dit [en fait pour son oncle armateur]. C’est certainement là plutôt que dans l’atelier du peintre Bertholle qu’il a découvert la couleur grise, l’orange vif, le noir, le coté huileux de la surface, les « coulures », la saleté magnifique.

Quoi qu’il en soit Yannis Markantonakis est peintre depuis toujours et il fit de solides études dans ce sens. Depuis 25 ans maintenant, il peint et expose essentiellement entre Paris, où il habite, et la Grèce.

Pour le présenter un peu mieux, il faut savoir que sa technique est particulière et qu’il n’en change pratiquement jamais : huile sur bois et huile/bois+photographie intégrée à la peinture Les formats sont plutôt réduits [les tailles sont indiquées sous chaque œuvre photographiée], mais les cadres qu’il fabrique lui-même de façon « singulière » participent pleinement à l’œuvre. C’est bois contre bois.

Ses thèmes sont également largement récurrents : des bateaux, des scènes portuaires et la ville, ou plus précisément, la rue de la Fontaine au Roi qu’il aperçoit de sa fenêtre. Cette rue bordée d’immeubles aveugles monte ainsi vers un ciel qui n’est jamais complètement bleu, mais entre le gris et l’acier. Dans cette perspective malmenée, le peintre cherche un espace qui, comme il le dit, pourrait « fonctionner ».
De toute façon lorsque Yannis Markantonakis commence une peinture, elle peut tout à fait débuter par une rue et s’achever dans un port, passer du format vertical à celui de l’horizontal.
I’artiste semble ainsi avoir réussi ce que voulait Alphonse Allais, faire continuer une rue de Paris jusqu’à la mer.

Enfin, il y a le lieu où le peintre travaille et qui est une sorte de grotte aux stalactites de peinture solidifiée, aux parois griffées et maculées, habitées par toutes sortes d’animaux totémiques que sont les silhouettes de coques et d’immeubles ébauchées : ses futurs tableaux de chasse...