Catherine Raynal est un peintre désinhibé qui essaie de montrer sans pudeur son univers intérieur. Ses peintures sont incontestablement intimes et d’ailleurs, elle dit elle-même qu’elle laisse parfois monter du fond de la toile un personnage ou une histoire sans attendre quelque chose de précis.
« Ça ma paru simple de faire de la peinture » affirme-t-elle quand on l’interroge sur son choix d’entrer aux Beaux Arts et par « simple », il faut entendre « naturel » ou « normal » puisque Catherine n'a fait que continuer une option maternelle. En effet, sa mère fut un peintre ouvert, curieux du monde qui l'entourait et qui su partager son regard avec celui de sa fille. Ainsi, Catherine est devenue peintre sans contrariété, sans véritable renoncement ou compromis, mais avec juste le désir de faire ce qui lui semblait évident. C’est ce qui donne cette singulière impression de liberté dans ses toiles.
Par ailleurs, la mémoire de son enfance passée dans le Poitou reste très tenace dans sa manière de voir et de créer. Les contours, les formes de ce passé restent présents alors que l’esprit, lui c’est peu à peu modifié. La recherche de cet air passé semble aujourd'hui être important pour Catherine Raynal. Elle ramasse des cailloux, elle collecte des objets hétéroclites qu’elle accroche ou assemble un peu partout, aussi bien dans son atelier que dans ses œuvres. Bref, elle fait le chemin inverse du Petit Poucet. Idem chez ses personnages qui ne sont que silhouettes et dont la tête est très loin du corps, petite. Ils ne sont que des formes tandis que leur âme est quelque part : dans le caillou de la marelle que l’enfant jette sur le dessin de l’église le monde pour atteindre le ciel sur un pied.
Catherine est là pour le ramasser.
Catherine Raynal, who is from Poitiers, decided to become an artist at a very early age. She studied at the fine arts schools in Poitiers and Paris before continuing to develop her work as a painter at the Académie Saint-Roch, where she was a student of Jean Bertholle’s 1909-1996. Her paintings lay bare a sensitive, emotional inner world at the edges of intimacy and the subconscious.
Responding to a sort of necessity of chance, Ms. Raynal collects sundry objects, such as scrap metal, marbles and fossils, which she integrates into her work, an instinctive investigation into the past and memory. In the framework of that search she designed a several-meter-long installation made up of over 90 modules: Mémoires. Her artistic gesture connects painting, childhood, and individual as well as collective memories in this work. In saying that she intends to gather “elements of life without wanting there to be a beginning or end”, Ms. Raynal significantly defines her delicate, profound approach.